Assez

Assez

  J’écoutais la commission Charbonneau aujourd’hui en me demandant si cela ferait une différence pour la population de découvrir que sa démocratie est complètement et assez ouvertement infiltrée par une organisation criminelle qui vit dans l’ombre des institutions financières. Heureusement, les journalistes du Québec veillent et ont bien-sûr interrogé la première ministre pour savoir ce qu’elle comptait faire pour rassurer la communauté d’affaires. J’ai soupiré d’aise quand le ministre des finances a déclaré que “La prospérité des Québécois passe par une croissance économique plus rapide, un milieu des affaires qui fait face à un climat attrayant.”

Pauvres gens d’affaires, pauvre patronat, ils ont été bien secoués pendant la crise économique de 2008. Comment feront-ils pour nous créer de l’emploi si on ne les subventionne plus? Tsé, ça prend des gens qui ont le courage d’ignorer l’impact environnemental de nos pratiques industrielles pour faire rouler l’économie (en passant, le puma de l’Est américain est officiellement éteint aux ÉU; je pense qu’on peut tous s’applaudir très fort, ça va faire une espèce de moins à recenser quand Jésus va revenir, on va pouvoir recevoir nos cadeaux plus rapidement). Sans l’économie, on meurt tous dans d’atroces souffrances, c’est bien connu. Avant que l’on invente la croissance économique ici, il n’y avait rien, pas de civilisation, pas de Iphone 5 (Iphone 6 si vous lisez ce texte en 2013), rien. Et là, une corporation qui s’installe, de la main d’oeuvre qui est importée en masse (bon, il y avait quand même des gens en Amérique, mais ils ne voulaient pas vraiment travailler dans les usines, ça prenait un bon peuple bien docile habitué aux monarchies débiles de l’Europe) et hop, une belle poussée économique qui fait chaud au coeur.

Je me demande si le robot sur Mars a pensé à tout l’argent qu’il pourrait faire s’il vendait les pierres qu’il ramasse au lieu de les analyser comme un con.