La Facture

La Facture

  Je lisais un article ce matin, à propos de la poursuite intentée contre Gabriel Nadeau Dubois, par un étudiant en Arts qui lui reproche un commentaire prononcé lors d’un discours en avril dernier. En gros, le porte-parole de la CLASSE à l’époque avait traité un étudiant qui avait obtenu une injonction de “p’tit con”.

Moi quand je lis ça, je ferme automatiquement mon ordinateur et je m’en vais pleurer dans les chiottes. P’tit con. Bon sang, le vocabulaire des jeunes aujourd’hui. Et surtout venant d’un sale anarcho-socialisto-communiste comme GND, comme nous le rappellent chaque jour les médias en nous relatant les derniers hauts faits de cette réincarnation de Joseph Staline et de Hitler. Ah le crisse, il va faire une recherche sur l’historique des conventions collectives dans le milieu de la construction. Quelle coïncidence, monsieur le baccalauréat en histoire culture et société va être rémunéré pour un travail dans son domaine, si c’est pas dégueulasse. Je croyais que les médias de masse faisaient bien leur travail et qu’on s’était assurés qu’il était sur une liste noire qui l’empêcherait de vivre une vie normale, mais je comprends maintenant que ça va prendre des héros comme Jean-François Morasse et son association d’étudiants socialement responsables pour définitivement ruiner la vie du sinistre GND. On va lui montrer c’est qui les cons.

Moi à l’époque, je suis allé étudier en Arts plastiques parce que mes applications en Technique policière et en Design graphique avaient été refusées (les arts étaient mon troisième choix). Je n’avais pas d’assez bonnes notes en mathématiques pour rejoindre les forces de l’ordre. Ah si seulement, j’aurais eu le plaisir de vous taper dessus cet été. Mais j’étais plus intéressé, en vérité, par les longues tresses dorées de ma voisine de pupitre que par les resultats académiques. En rêvassant pour échapper à l’ennui des cours, je dessinais toujours dans la marge de mes manuels scolaires.

La vie c’est un peu comme une peinture, quand on y songe bien. Chaque trait est une erreur que l’on corrige progressivement au fur et à mesure que la toile progresse. L’image se dessine avec le temps, se raffine, jusqu’à ce que l’on cesse parce que l’on n’ose plus y ajouter. Moi aussi, j’ai été jeune, j’ai été con, je suis toujours con en fait, pour des raisons autres que dans le passé. J’essaie à chaque jour de l’être un peu moins en agissant de la manière la plus consciente possible, en considérant que chacun perçoit la réalité différement et qu’entre le tort et la raison, il y a parfois une très faible distance.