La Machine

La Machine

  Hier soir, j’ai vu une vidéo qui parlait d’un nouveau système de paiement biométrique (on enregistre nos empreintes digitales pour passer plus rapidement à la caisse) qui était à l’essai dans une cafétéria du Québec. Il y avait quelque chose de troublant dans l’écart entre l’intelligence perçue chez l’opératrice de cette technologie et le niveau de sophistication de l’appareil. Parfois, je me surprends à me demander si nous ne sommes pas qu’un simple vecteur de développement technologique, victimes d’une espèce de colonisation par nos appareils électroniques. Chaque fois que nous achetons un bidule, nous finançons l’évolution de ces êtres factices dont nous devenons de plus en plus dépendants, sans jamais remettre en question leur utilité.

Je ne crois pas aux théories du complot, bien qu’il serait rassurant parfois de considérer que quelqu’un, quelque part, a au moins un plan pour assurer sa survie. Malheureusement, je suis plutôt pessimiste et je pense surtout que chacun ne cherche qu’à retirer le maximum de plaisir de la vie en minimisant sa propre contribution d’effort personnel au maximum. Chaque révolution a amené au pouvoir un nouveau groupe qui s’est empressé d’engraisser afin de mieux remplir le trône de ses prédécesseurs. L’humanité se contente de se comporter comme une amibe en attendant la prochaine partie de chaise musicale.

Les rôles se répètent en même temps que l’histoire, chacun de nous trouvant en lui le script usé à l’endroit qui résonne le plus en nous. Pourtant aujourd’hui nous avons accès à une banque de données énorme qui devrait nous permettre de voir au-delà des rouages rouillés qui à nouveau se mettent en branle. Mais les gens ne veulent pas savoir. Michèle Ouimet, chroniqueuse de la Presse, en Syrie, nous décrit un combattant de la liberté “grand, tout en muscles, pas un microgramme de gras sur son corps athlétique, regard pénétrant qui respire l’intelligence, sourire désarmant.” La vie doit être si simple quand on oublie.