Trouble-fête

Trouble-fête

  Stephen Harper a dit de grosses niaiseries dernièrement. Des énormités qui ne peuvent passer dans l’indifférence générale que dans un pays peuplé de jambons repus qui perçoivent la force comme l’action d’écraser quelque chose d’infiniment plus faible que soi. Le premier ministre du Canada a aussi introduit le principe du bien et du mal dans la conversation, enjoignant du même fait les habitants de la terre à choisir leur camp. Soit on soutient Israël, peu importe les conséquences, soit on est du coté du mal, un mal qui doit être éradiqué, j’imagine, si on suit sa logique d’imbécile convaincu.

Le pire dans tout ça, c’est qu’il y a des gens qui croient que cette mentalité moyenâgeuse est appropriée aujourd’hui. On l’a bien vu cette année, alors que des policiers agressifs se permettaient de rudoyer des individus sans défense, s’y prenant à plusieurs contre un pauvret isolé, alors que le bruit humide des applaudissements des salamis se faisait entendre entre deux émissions de télé. Qu’est-ce qu’on doit faire si cette situation nous répugne? Ces bonnes gens ne vont pas changer d’idée devant une argumentation rationelle, c’est pas comme si les raisons de remettre en question l’orientation du monde actuel manquaient.

On s’habitue à être un rabat-joie, celui qui vient ruiner la belle foire de l’inconscience avec des propos contrariants. C’est le problème avec l’éducation, la vraie, celle que l’on se fait soi-même en lisant, en développant sa pensée critique; ça devient difficile de faire semblant qu’on s’amuse pendant qu’on sait qu’il y a d’autres humains qui reçoivent des gros missiles balistiques sur la tronche simplement parce qu’ils sont nés du mauvais coté du mur.

Je crois qu’il est le devoir de ceux qui réfléchissent, d’être aujourd’hui une source d’inconfort intellectuel pour les autres, de briser les routines confortables bien défrichées dans l’esprit de leurs contemporains qui ne demandent qu’à aller acheter du bon plastique assemblé par des prisonniers politiques pour célébrer Noël. Quand vous entendez ce fameux “bon, on va changer de sujet”, comprenez que vos interlocuteurs vivent à leur tour le malaise que procure la réflexion et qu’ils vous disent inconsciemment “continue, je suis”.