Et Puis, l’Hiver

Et Puis, l’Hiver

Cher Gilles Duceppe,

Je ne savais même pas que tu avais un blogue au Journal de Montréal, ça fait tout drôle, je pensais que tu étais un politicien et là je te retrouve en train d’humecter ta plume avec ta belle langue fourchue au côté de sommités du monde de la chronique lépreuse, tels que Richard “intellectuellement vôtre” Martineau et Eric “propos inexacts mais on s’en fout du Conseil de presse du Québec” Duhaime.

Mais là, franchement, c’est du haut niveau, de la bonne viande rouge pour un électorat qui trouve que Harper n’est pas encore assez à droite et qui glane toute son information entre le cahier des sports, les pubs de voyantes et d’escortes et l’horoscope à la fin pour être bien certains qu’ils seront heureux en amour aujourd’hui. Ça doit être la grosse fierté grave quand tu tapotes mollement sur ton clavier tes petites opinions bien-pensantes en songeant qu’elles seront publiées dans un journal qu’on utilise généralement pour essuyer un dégât de sauce à poutine ou pour bloquer une canalisation d’égoût qui refoule (on appelle ça “combattre le feu par le feu” dans le jargon des plombiers haha, je savais que ça te ferait sourire).

Ton petit texte du premier décembre m’interpelle en particulier, c’était quand même osé de s’attaquer à l’ASSÉ dans les pages d’un quotidien de Québecor média, eux qui sont d’habitude un modèle d’impartialité et de justesse d’analyse. J’ai bien aimé la fin, où tu nous expliques que de trouver des objectifs communs, même si on a des intérêts divergents, c’est ça vivre en société, c’est ça la démocratie. Un peu comme le PQ qui a adopté le budget du PLQ, appuyé par la CAQ, au diable le reste. C’est juste un peu plate de toujours être celui qui doit faire semblant qu’on a des objectifs communs, j’aimerais que tes patrons s’y prêtent aussi à l’occasion. Non? Ah ok.

Bon, je te laisse, je dois aller travailler pour contribuer à ta belle pension fédérale et pour rembourser la petite facture que tu as laissée en partant, tu sais, l’histoire du salaire de ton directeur général et du livre sur ta splendide carrière. J’adore l’épilogue en passant, j’ai toujours apprécié les histoires de déchéance quand ça concerne les parvenus hypocrites.