Décembre

Décembre

  On parle beaucoup de “consensus” dans les médias ces jours-ci. Un mot malheureux (ou heureux, c’est selon) du porte-parole de l’ASSE, qu’il a bien sûr fallu livrer sans contexte ni analyse à une masse qui ne demande qu’à mépriser la jeunesse de son pays. Dans mon temps… ouais dans ton temps, pas certain que tout coûtait aussi cher l’ami. C’est quand même rigolo, parce que dans leur grande hâte à condamner le manque d’esprit social de l’association, nos chers journalistes et chroniqueurs semblent oublier qu’au printemps, plusieurs propositions et alternatives avaient été proposées par les étudiants lors des négociations avec le gouvernement “débordant de bonne foi et preux modèle d’intégrité” de Jean “tiens, je vous laisse avec toute la merde que j’ai brassée” Charest.

Mais oui, le consensus qu’on recherchait, c’était l’abdication des partis étudiants. On va permettre aux banques de vous prêter plus d’argent, que vous rembourserez plus tard en modalités qui dépendront de votre salaire, c’est bon? Ah oui, ces banques, on va ignorer la proposition d’Amir Khadir qui soulève qu’on pourrait très bien payer l’éducation de tous les petits québecois en restaurant simplement l’impôt sur le capital des institutions financières à un taux de base de 0.8%. Ah mais ça, même pas question de l’envisager, ces pauvres banques, si malmenées par une économie complètement bousillée par leurs propres malversations. Non, désolé les gogauchistes, c’est pas comme ça qu’on en arrive à un consensus.

Les associations, elles, avaient proposé plusieurs choses, dont la création d’un comité pour surveiller la gestion des universités, limiter les dépenses périphériques aux missions des universités (genre, les petits voyages que les recteurs font à nos frais), moratoire sur la construction de nouveaux campus, moratoire sur le plan de financement des universités et tenir des états généraux sur l’éducation universitaire. C’est clair que c’était un peu trop ambitieux, par rapport à la simple formule “50 cents par jour!” adoptée par Jean Charest dit-on, pendant une escale épicée dans un Valentine de région pour tâter de la main ridée et inspirer la confiance.

Au final, qu’est-ce qui va se passer? Bien, si on se fie aux médias, peu importe le gouvernement, c’est une indexation sauvage des frais de scolarité. Votre place dans la société, ça s’achète, profitez des bas-prix de cette année, l’an prochain il sera trop tard. Et si vous n’êtes pas d’accord, soyez-le donc quand même, c’est la seule façon de préserver la démocratie. Il ne faudrait pas obliger notre bien-aimé gouvernement à employer des mesures coercitives pour vous remettre dans le droit chemin, c’est mauvais pour l’image de la nation, pensez à la saison touristique bon sang!