L’Esprit des Fêtes

L'esprit des fêtes

L’Esprit des Fêtes

  Il devient difficile d’écrire ces petits textes. Pas que les sujets manquent, au contraire, ils sont peut-être trop nombreux. Trop de corruption, trop d’hypocrisie et de mensonges, de bien-pensance médiatique déversée, mielleuse à souhait, pour être consommée par des gens qui veulent être rassurés dans leur propre idéologie vacillante. Les premières ébauches de mes écrits en deviennent haineuses, macabres, sans compromis. Il y a une partie de moi qui éprouve une profonde colère devant ce monde qu’il constate; il est clair que ma vision de la réalité est occultée par un code de moralité bien personnel, et pourtant, qu’y puis-je.

Je voudrais hurler, la corruption de tous vos sales politiciens gras et obscènes et de leur fichues familles complices, à vos dépens et vous ne faites rien, sinon magasiner. Si vous vous dépêchiez devant le parlement pour demander justice avec le même entrain que vous mettez à faire la queue pour acquérir le dernier morceau de plastique fondu en vogue, peut-être que la vie serait différente.

Mais voilà, la vie est ce qu’elle est. Moi-même, que suis-je prêt à risquer pour un changement hypothétique qui nuira peut-être à mon propre niveau de confort? Et puis si je me retourne et que je me rend compte que je suis seul, sans l’appui de la population, un peu comme ces étudiants qui ont courageusement manifesté ce printemps. Si je me rendais compte que mes efforts étaient vains, parce qu’au fond, tout ce que les autres veulent, c’est de la grosse bouffe sur la table et des émissions pas trop intellectuelles à la télé, est-ce que je continuerais, simplement par principe?

L’ennui quand on a des principes, c’est qu’ils ne viennent pas de nulle-part. Ils ont grandi en nous, on ne sait plus trop pourquoi, mais ils guident notre existence comme un souffleur. Lorsqu’on se rend compte que nous agissons en harmonie avec notre doctrine intérieure, il y a une certaine satisfaction tranquille. Peu importe le dénouement, nous y serons debout.