Les Ennemis

Les Ennemis

  C’est très difficile de conserver de l’intérêt pour quelque chose qui ne nous touche pas directement de nos jours. Nous sommes constamment bombardés par une quantité incroyable d’information, qui nous interpelle et nous incite à agir, que ce soit pour acheter un produit, ou pour supporter une cause. Nous sommes donc devenus très prompts à abandonner une action qui ne donnerait pas de résultats ou de gratification rapidement, au profit d’une autre activité.

C’est la seule explication logique que j’ai pu trouver à la baisse d’intérêt du public pour la cause étudiante; on a quand même pu voir nos forces de l’ordre tirer et gazer des civils, il n’y a pas de cela un mois. Je sais que la plupart des gens ont sursauté dans leur fauteuil, ils ont même tapé dans leurs casseroles. Mais on dirait qu’ils se sont rassis lentement, prudement, pour mieux entendre leurs analystes favoris décortiquer la situation afin de la rendre plus digeste.

Je lisais l’élogieux éditorial que La Presse a pondu en hommage à Isabelle Boulay, qui a décidé “sagement”(selon le toujours excellent André Pratte) de ne pas prendre position sur les enjeux politiques du Québec, faute d’en connaître suffisament, selon elle, sur le dossier. L’éditorial applaudit sa décision de ne pas utiliser sa notoriété pour ne pas influencer d’autres Québécois sur un sujet fondamental (la souveraineté). J’ai eu du mal à ne pas m’esclaffer en lisant ce texte dans un journal de Gesca-Powercorp, c’est clair que c’est beaucoup mieux de laisser les médias nous influencer, eux ils connaissent bien les dossiers importants, c’est d’ailleurs pour ça qu’ils ne parlent plus de la gréve générale illimitée.