Resistir

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  Le système bancaire mondial s’est effondré en 2008, dévoré de l’intérieur par la cupidité et l’arrogance de ses disciples. Les gouvernements de la planète se sont empressés de relancer le secteur financier à grands renforts de prêts piochés ici et là dans les poches des citoyens et comme un zombi, le système bancaire s’est relevé et a poursuivi sa marche inexorable vers le néant. Des demandes d’austérité aux peuples de la zone Euro à la “juste part” au Québec, en passant par les coupures dans les budgets de la recherche scientifique au Canada (c’est con les scientifiques, ça te sort un tas de raisons factuelles pour ralentir l’exploitation des sables bitumineux), l’occident commence à ressentir les effets de la morsure de la créature bancaire.

Malheureusement, il ne semble pas y avoir d’alternative à cette vision; on naît, on peut jouir de quelques années d’innocence (si on a la chance de naître au bon endroit) avant d’entrer dans la ronde du système, boîte à lunch et cartable tout les matins, sauf le week-end si on a bien travaillé. Et ce, jusqu’à ce qu’il nous reste 5 à 10 ans à vivre, pour être traités comme des boulets nuisibles qui devraient crever au plus vite pour le bien de tous. Le succès dans ce cycle, c’est d’avoir une grosse maison, une piscine et deux voitures (une décapotable pour l’été si possible). Comme ce succès coûte cher, il ne serait normalement accessible qu’à une minorité d’entre nous; heureusement, il y a le crédit, que les banques nous font généreusement à condition que nous remboursions, en plus du prêt initial, une somme supplémentaire basée sur un taux savamment calculé pour qu’il paraisse équitable.

Aujourd’hui, les gens sont dans la rue, en confrontation avec ce système. Ils l’affrontent pourtant sans haine, ils demandent simplement une certaine justice dans le cycle. Ils demandent, ces gens qui travaillaient, qui travaillent et qui travailleront, que les administrateurs des finances publiques (i.e. le gouvernement) cessent de fabuler qu’ils sont riches en dînant tout les jours avec les banquiers et les chefs d’entreprises, et qu’ils se souviennent de ceux qui paient réellement les comptes.