Jean Charest aux Bains

Jean Charest aux Bains

  Après le sinistre événement de mardi soir, force est d’admettre que le coeur n’était tout simplement pas à célébrer le départ de Jean Charest avec tout l’enthousiasme que cela méritait, une zone d’ombre, où ce dernier aurait dû ramper pour s’estomper de nos mémoires, ce dont je lui aurais su gré. C’était sans compter ses incorrigibles adorateurs dans les médias de la province.

Oui, grâce à la Presse, je connais à présent un Jean Charest que je ne connaissais pas. Un Jean Charest qui n’envoyait pas la police briser le mouvement étudiant par la force brute. Un Jean Charest qui, honte à nous tous qui n’avons pas su reconnaître sa grandeur d’âme et tout l’amour qu’il avait réellement pour nous, laissait les injures lui couler sur l’échine, si patient qu’il était avec nous pauvres mortels. Dans le texte, que dis-je, le poême de la toujours saine d’esprit Lysiane Gagnon, on pouvait ainsi apprendre que Jean Charest incarnait plus que tout autre chef de parti, les plus admirables valeurs de la démocratie libérale. Permettez, j’ai une larme à l’oeil. Ah, tiens, non.

Moi, personnellement, je m’en foutais un peu de Jean Charest avant cette odieuse année 2012. Je n’ai jamais voté pour lui, jamais adhéré à son système de valeurs (celui qu’il prônait lors des diverses élections, mais bon, allez savoir avec un politicien). Je lui ai reconnu un certain niveau intellectuel, mais encore, il était souvent juxtaposé à des géants de la philosophie moderne tels que Mario Dumont et François Legault, alors mon impression repose peut-être dans le contraste (en passant, excellent travail “d’analyste” à LCN Mario, j’ai l’impression de revivre la folle époque de “Drôle de Vidéo”, mais en moins pertinent à un niveau humain).

Bref, j’imagine qu’il fallait être invité au party de Noël de PowerCorp pour connaître le véritable Jean Charest. Enfin, je lui souhaite quand même une bonne retraite, on va continuer à travailler fort pour la lui payer.