La Folie

La Folie

  J’ai survolé ce matin les diverses chroniques (puisque nos médias ont renoncé à l’information pour se tourner vers le texte d’opinion) pour m’aider à mieux suivre la narrative du pouvoir. Bon, Pratte (André, lâche Amir Khadir, parle-nous plutôt de Jacqueline Desmarais qui recevait l’ordre du Québec, enlevant ainsi tout ce qui pouvait rester de crédibilité à cette distinction d’un autre âge), Lysiane Gagnon (toujours pertinente ma Lysiane, tu serais presque crédible si je laissais de coté mon esprit critique pendant un instant), Boisvert (Yves, Yves, Yves. C’est vrai qu’en pratique, aucune manifestation n’a été “empêchée”, à condition de considérer les coups de matraque, le gaz CS et les balles de plastique comme faisant partie de toute contestation pacifique. Aussi, je crois que tu as fait une petite faute, le ministre c’est Tony Tomassi, et non pas Tommy comme tu l’écris. Ça devrait être tout simple de corriger, en général vous aimez bien modifier vos textes à la Presse pour enlever les “erreurs”.); bon, tout ça, juste du bon.

Et là je tombe sur Mario Roy, le sempiternel pertinent Mario Roy. Il nous a fait cadeau d’un larmoyant essai à propos du droit fondamental de l’être humain, celui d’être laissé seul, sans avoir à se sentir concerné par la chose politique. C’est vrai qu’en ces temps de remous et d’appels à la conscience, qu’en est-il du droit d’être un méprisable égocentrique qui jouit de ses acquis individuels? Hein? Je sais pas mais moi, j’ai envie de me promener avec ma petite décapotable avec madame sans voir des loqueteux brandir des pancartes avec des slogans qui pourraient me forcer à réfléchir sur l’avenir du monde et le rythme insoutenable de la consommation à un niveau planétaire. Ben oui, le gouvernement fédéral est en train de causer une catastrophe environnementale et il a décidé de couper les fonds des instituts qui lui rappelaient ce fait, et alors? C’est un sujet déprimant, il fait beau dehors, est-ce qu’on a pas le droit de s’en crisser royalement de ça, pour une fois dans nos vies? Parce que le reste du temps, on est toujours en train d’agir à ce propos, laissez-nous de grâce profiter de ces rares instants festifs et culturels qui ne se répètent qu’annuellement, entre les vacances, la St-Jean, la fête du Canada, l’halloween, l’action de grâce, Noël etc…

Tu sais Mario, si tu t’étais soucié un peu plus de ta responsabilité politique pendant toutes ces années où tu appuyais le système qui nous mène présentement à la ruine, peut-être que tu serais tranquille cet été, parce que des jeunes ayant plus de conscience que toi ne seraient pas obligés de mettre un frein à notre stupidité collective en acceptant de sacrifier leur propre liberté individuelle dans l’espoir que peut-être, dans un avenir lointain (oui je sais, toi tu ne comprends pas vraiment ce concept) nous sortirons de cette boucle qui nous tient tous prisonniers.

On ne plante jamais un arbre en espérant un jour voir la forêt.