La Lutte

La Lutte

   J’ai vu un “reportage” sur LCN à propos de la violente répression policière d’hier soir… je veux dire, de l’excellent travail policier pour contenir les excès violents de l’émeute des anarchistes qui essayaient de ruiner le grand-prix. Un gars avec un micro, rémuneré par Québécor, essayait de tirer quelques mots à Jaggi Singh, qui venait de voir un de ses compatriotes se faire arrêter. Monsieur Singh a alors demandé au gars avec le micro, rémuneré par Québécor, de poser ses questions à la police. Il a ce faisant pris le gars avec le micro, rémuneré par Québécor, par l’épaule en l’intimant d’agir en ce sens. Un policier, voyant un gars avec un micro, rémuneré par Québécor, l’entreprise qui contrôle la chaine officielle de la glorification de l’état policier, est courageusement intervenu en menaçant monsieur Singh d’éviter de toucher au gars avec le micro, rémuneré par Québécor.

C’est là qu’un badeau a décidé qu’il était grand temps de briser la tension avec des paroles d’une sagesse inouïe. Il explique clairement pourquoi la police a cru bon arrêter l’ami de monsieur Singh: “pourquoi, parce que esti, il dérange tout le monde, on mange, là c’est l’grand-prix man.”. Devant la réticence de monsieur Singh à comprendre toute la justesse de sa réponse, il a ajouté “c’est l’grand-prix” et, bien que les micros de la chaine Québécor aient été coupés, pour éviter que ses téléspectateurs soient choqués par un langage qui n’aurait peut-être pas été approprié, on croit lire sur les lèvres de l’homme “tout le monde s’en calisse…”.

Et oui, tout le monde s’en calisse, on mange, c’est le grand-prix. Je crois malheureusement que cet homme à réussi de manière assez simple à résumer la psychologie des gens qui avaient le coeur à festoyer pendant que le Québec glisse lentement vers quelque chose de très laid. Quelque chose où les policiers peuvent détenir et fouiller les gens de manière assez arbitraire, selon leur bon jugement, afin de permettre à l’activité économique de se poursuivre sans heurt pendant la crise sociale actuelle. Et où ceux qui ne se sentent pas concernés peuvent manger tranquilles.