Le Drame

Le Drame

   48e manif nocturne: vitrines brisées et dispersion musclée. Ainsi sera décrite la manifestation d’hier soir par la Presse. Plus loin, on pouvait lire que les vitrines avaient été brisées à la Caisse de dépôt et de placement du Québec, où se trouvait tout le gratin économique de la province, avec le gouverneur de la Banque du Canada et le président de la Banque de France. Il semble qu’il y avait une réception à l’intérieur, mais l’article ne dit pas ce qu’on célébrait exactement. De toute façon, on s’en fiche de ça, ce qu’on veut savoir, c’est combien de fenêtres en tout ont été lâchement brisées par les anarcho-communistes. Les fenêtres bon sang, LES FENÊTRES!

L’article de la Presse nous apprend aussi qu’une vitre a été brisée au siège social de la Banque Nationale (bande de sans-coeur!) et que des méfaits ont été commis sur des autopatrouilles et autres véhicules innocents.

Mais là, je reste un peu sur ma faim, parce que le titre parlait de dispersion musclée; en général, quand nos ex-tra-ordinaires médias utilisent l’euphemisme “musclé”, ça veut dire qu’une ambulance est repartie avec quelqu’un qui a reçu trop d’amour de la part des courageux policiers. Et l’article ne mentionne pas vraiment ce qui est arrivé aux manifestants. Ah ben, j’imagine que c’est accessoire, par rapport aux incroyables dépenses que devront assumer les pauvres banques pour remplacer les vitrines. On aura véritablement du mal à les blâmer lorsqu’elles nous refileront la facture sous forme d’augmentation arbitraire de frais d’utilisation.